« Le cinéma, c’est un oeil ouvert sur le monde. » — Joseph Bédier, philologue et auteur.

En des temps agités, le septième art peut offrir l’inspiration qui réveille le rebelle en nous. Sans transition, on plonge dans ces cinq films qui fleurent la révolte. Une sélection pour tous les goûts, y compris pour les fans de Pretty Woman (bon, peut-être pas non plus, ndlr).

Hunger, plongée dans l’univers carcéral

Mauvais traitements, représailles, déshumanisation : se faire entendre peut être compliqué quand on est enfermé derrière les barreaux. Des difficultés qui n’ont pas arrêté des séparatistes irlandais dans les années 80 qui, sous les verrous, ont entamé une historique grève de la fin… d’où le titre Hunger.

Un drame poignant mené par Michael Fassbender — deux mots qui suffiraient honnêtement à nous faire regarder n’importe quel film.

Selma, berceau des droits civiques

Jusqu’en 1965, les Afro-américains ne disposaient pas pleinement du droit de vote. À l’origine de cette immense avancée, trois marches organisées depuis la ville de Selma en Alabama — un état de rednecks avec plus de drapeaux confédérés que d’habitants. Une action menée par Martin Luther King, qui est restée pacifiste malgré la violence ambiante.

Le petit plus ? La bande originale, par Common et John Legend.

Le « feel good movie » inattendu : Pride

Royaume-Uni, 1984. Margaret Thatcher et le National Coal Board amorcent la fermeture de plusieurs dizaines de mines de charbon. En réponse à ce plan, des milliers de mineurs se mettent en grève à travers tout le territoire.

Perdu dans la campagne du Pays de Galles, le petit village de Onllwyn tient le cap malgré des ressources qui s’épuisent. Il peut cependant compter sur le soutien d’une alliée inattendue, la ligue Lesbian and Gay support the Miners qui débarque en renfort depuis Londres. De quoi donner lieu à des situations cocasses, et prendre une belle leçon de tolérance.

We Want Sex Equality (encore aujourd’hui)

Autre comédie britannique, autre combat. We Want Sex Equality suit les aventures des ouvrières d’une usine Ford, luttant pour obtenir le même salaire que leurs homologues masculins. Bien qu’un brin stéréotypés, les personnages, attendrissants, ont vite fait de nous conquérir.

Un film défini par certains comme une version féminine du culte The Full Monty

The Dreamers , des jeunes insouciants

The Dreamers fait office d’outsider dans cet article. Si sa trame est bien teintée de politique — l’histoire se déroulant en plein Mai 68 — elle est reléguer au second plan. Adaptation du roman éponyme de Gilbert Adair, le film raconte avant tout la relation complexe entre trois jeunes militants.

Bertolucci y signe une déclaration d’amour à la jeunesse et au cinéma, auréolée d’une troublante mais délicieuse perversion. •

Cet article fait partie de la série #2 — Rebelle moderne.

(Crédits photo de couverture : Pride — Calamity Films)