Quand on pense musique et révolte, c’est bien souvent le rap qui nous vient en tête — si la pop peut s’engager, lui dénonce.

Pendant longtemps, le « rap politique » s’est concentré sur la misère et les inégalités sociales. Même si ces sujets restent encore d’actualité, il a cependant élargi son périmètre sur de nouvelles problématiques, en accord avec les changements de notre société.

Plus encore, cette industrie historiquement dominée par les hommes assiste à l’arrivée d’une nouvelle garde de femmes. Qu’elles nous parlent de féminisme, de carrière ou de santé mentale, elles sont bien décidées à faire entendre leur voix et valent la peine qu’on les écoute. Nicki Minaj n’est plus seule, voici la relève…

CupcakKe, prêtresse de la sexualité

CupcakKe (de son vrai nom Elizabeth Eden Harris) s’est d’abord faite connaître grâce à ses clips rapidement devenus viraux, avec des titres comme Deepthroat et Vagina. De la chorale de son église, elle est passée à des textes prônant une sexualité assumée et une approche du féminisme qui embrasse cette dimension. Dans la même veine, elle défend différents canons de beauté et invite au body positivism.

Ce qu’on aime le plus chez elle ? Son second degré, et ses clips devant coûter $100 tout au plus.

Jouer sur les mots avec Rapsody

Écouter Rapsody, c’est un peu comme faire un bond dans le hip-hop du siècle dernier, une plongée délicieusement rétro. Celle qui définit Lauryn Hill comme une influence majeure a attiré l’attention de pointures comme Kendrick Lamar et Busta Rhymes, que l’on retrouve sur son dernier album.

Plus que la plupart de ses comparses, la rappeuse manie les mots avec maestria et ne pouvait mieux porter son pseudonyme.

Princess Nokia : connecting people

Princess Nokia fait figure d’OVNI dans le paysage actuel. Dans des titres comme Yaya, elle s’en prend à la colonisation. Avec Brujas, elle signe un manifeste à la fois mystique et féministe. D’origine afro-américaine et hispanique, sa musique est une ode à sa culture et à la diversité.

Depuis février, elle anime l’émission de radio The Voices in my Head sur Apple’s Beats 1 Radio. De quoi pénétrer dans son univers.

Angel Haze, l’écorchée vive

Difficile de ne pas ressentir la profondeur des paroles lorsque l’on écoute cette artiste de Detroit. Sa plume raconte son combat contre la dépression, l’anorexie, ou encore son cheminement jusqu’à l’affirmation de soi. Ouvertement pansexuelle, elle s’exprime avec ferveur pour les droits de la communauté LGBT+.

Prêt de trois ans après la sortie de son dernier album, on a hâte de la retrouver.

Blu Samu, la petite qui va faire des vagues

Un seul morceau sur Spotify, dont le clip est aussi la seule vidéo de sa chaîne Youtube : I Run. Des débuts plus que prometteurs pour la jeune Française qui débite son flow dans la langue de Shakespeare… •