En mode, il n’y a qu’avec la technologie que vous pouvez créer quelque chose de nouveau. Tout le reste a déjà été fait. — Hussein Chalayan, créateur.

À l’heure où tant de designers donnent dans le streetwear et la vague post-soviétique, on ne peut s’empêcher de constater un manque de renouvellement. Au milieu de cette jungle de jeunes marques auto-proclamées héritières de Margiela, une créatrice maintient le cap de l’innovation. On se penche sur la maison Iris Van Herpen, le plus précieux cadeau des Pays-Bas au reste du monde depuis la légalisation de la marijuana.

L’obsession du mouvement

Formée au ballet durant sa jeunesse, elle en retient le sens du mouvement, une habilité à comprendre et prévoir l’évolution du corps qui s’anime — indispensable dans la conception de vêtements.

Après un passage chez Alexander McQueen, dont on note une certaine influence, van Herpen fonde sa griffe en 2007, muée par sa volonté de redessiner les limites de la silhouette. Ses pièces revêtent un côté charnel, quasi organique, à l’instar de son icônique « skeleton dress ».

La célèbre « Skeleton Dress », savant mélange de cuir, polyamide et acrylique.

Un drapé de technologie

Pour traduire ses idées, la créatrice n’hésite pas à mélanger les matériaux… et les techniques. Ses collections s’appuient régulièrement sur de l’impression 3D, allient du plastique à des dentelles délicates, ne jurent que par les découpes au laser.

Membre invitée de la Chambre Syndicale de la Haute Couture, son équipe de petites mains brode la résine et tricote des motifs dans le métal. Son travail ferait presque penser à celui d’une plasticienne tant elle modèle des alliances inattendues. Rien d’étonnant à ce que son oeuvre finisse exposée dans des musées, comme le Metropolitan…

Collection haute couture P/E 2018.

Les pieds dans le présent, les yeux en avant

En phase avec le marché, la griffe propose également une ligne de prêt-à-porter. Les pièces retranscrivent fidèlement l’ADN singulier de la marque, tout en offrant une déclinaison plus facile à assumer au quotidien.

Pour autant, la designer ne s’arrête pas là. Lady Gaga, Benjamin Millepied pour l’Opéra de Paris, Dom Pérignon, Luc Besson… On ne compte plus ses collaborations, laissant ainsi son empreinte à travers des domaines comme la danse, le cinéma et la musique.

Dernier fait d’arme : l’histoire retiendra le défilé « Aeriform » , célébrant les 10 ans de la marque en 2017. Encadrant les mannequins, le podium est jalonné de musiciens et chanteurs jouant sous l’eau. Entre rêve et science-fiction, Iris van Herpen continue de se nourrir des prouesses de notre époque pour imaginer une mode du futur… •

Cet article fait partie de la série #4 — Retour vers le futur.

(Crédits photo de couverture : Iris van Herpen)