Tout commence avec Les Mille et une nuits. En racontant ses histoires de prince des voleurs et de beautés enfermées dans des harems, Shéhérazade crée le premier archétype de la femme arabe. Un délice exotique, mystérieux et, surtout, terriblement érotique.

L’Occident trépigne à la lecture de ces pages d’une autre époque, d’un autre monde. Les peintres rêvent d’odalisques, les écrivains voyagent au coeur de l’Empire Ottoman, puis vers l’Algérie fraîchement colonisée… Ondulant au rythme du luth, faisant virevolter ses foulards, l’Orientale est au mieux une danseuse du ventre.

De nos jours, beaucoup de nations arabes sont soit des puissances pétrolières, soit des champs de bataille. L’Europe se pense prise en sandwich entre les terroristes et les réfugiés. Autrefois désirable et sensuelle, la sultane aurait troqué son costume brodé contre une djellaba et le niqab assorti. Si elle a de la chance, elle porte une robe Chanel en-dessous. Autrement, elle court sous les bombes.

À l’époque comme aujourd’hui, la femme arabe continue de faire l’objet de stéréotypes. Loin d’être aussi binaire qu’on tend à la montrer — beurette ou blédarde — elle se fraye un chemin dans notre culture pour la marquer de sa pluralité. Bien installé derrière notre moucharabieh, on lève le voile… •

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