Si Paris, Milan, Londres et New-York restent incontestablement les épicentres de la mode, on voit de plus en plus de villes lancer leur propre fashion week.

L’Europe est blindée de Lisbonne à Kiev, en passant par Stockholm. Outre-Atlantique, les défilés fleurissent deux fois par an à Sao Paulo, Mexico, Buenos Aires ou encore Toronto. Idem en Asie, avec une mention spéciale au laboratoire expérimental que représente celle de Tokyo.

Côté Afrique, plusieurs tentatives ont été initiées, sans jamais vraiment rencontrer de succès… Jusqu’à la fashion week de Lagos, au Nigéria.

Un nouveau tournant

Particulièrement moderne, Lagos compte parmi les villes les plus riches d’Afrique — un terrain largement propice au développement d’une industrie autour du luxe et de la création.

Bien qu’apparue en 2011, sa semaine de la mode éclôt véritablement en avril dernier. Désormais sponsorisée par Heineken et ses gros budgets, elle peut compter sur le soutien d’une marraine d’envergure : Naomi Campbell.

Le top remplit parfaitement sa fonction. Elle partage chaque détail avec plus de 5.000.000 d’abonnés Instagram, décroche des publications dans les colonnes de VOGUE, enrôle le mannequin Imaan Hammam et enflamme le podium de sa démarche légendaire. Jamais, depuis sa création, l’évènement n’atteint une telle exposition.

Naomi Campbell au défilé Kluk CGDT. (Crédits : Sunday Alamba via Shutterstock.)

Des créateurs à suivre

Paris et Londres organisent régulièrement des manifestations dédiés aux créateurs africains, mais aucune ne peut rivaliser avec cette celle-ci en termes de créativité. C’est d’autant plus important qu’elle se tient directement sur le continent, à qui l’on en donne les moyens.

La fashion week de Lagos — aussi appelée Arise Fashion Week — poursuit ainsi une forme d’affirmation du style africain, tout en lui permettant de s’exporter. Qu’ils donnent dans le masculin ou le féminin, on se penche sur les noms qui devraient bientôt faire des vagues…

Lanre Da Silva : la griffe aux accents couture

Lanre Da Silva est sans doute l’une des marques africaines les plus proéminentes. Repérée par Dolce & Gabbana et adoubée par VOGUE Italia, la créatrice mêle brillamment les influences héritées de ses origines à un important travail sur la matière et la construction.

Petit plus : faisant fi de la « bienséance », la transparence et les décolletés sont souvent de rigueur.

(Crédits : Lanre Da Silva)

Lisa Folawiyo :  un twist à l’africaine

Le crédo de Lisa Folawiyo ? Prendre des pièces tout ce qu’il y a de plus occidental, puis les détourner par une touche traditionnelle. Au programme : bustiers ornés de motifs jungle, blazers en wax (tissu ciré, ndlr), combinaisons multicolores, mini-robes brodées… Un bon moyen d’apporter du caractère à son dressing.

(Crédits : Lisa Folawiyo)

Laurence Airline, entre France et Côte d’Ivoire

Sous ses faux airs de compagnie aérienne, Laurence Airline propose un dressing 100 % masculin. D’une grande cohérence, il offre une vision hybride, alliant le bitume parisien aux couleurs d’Abidjan. Une façon rafraîchissante de revisiter le streetwear. •

(Crédits : Laurence Airline)

Cet article fait partie de la série #7 — Black power !

(Crédits photo de couverture : What We Wear)