À la télévision américaine, fournissant l’humanité entière en séries et divertissements, la femme noire est finalement peu présente. Au choix, c’est une camée dans New York Unité Spéciale ou Les Experts, une carriériste à la Scandal et The Good Fight, ou une criminelle repentie telle l’incontournable Cookie Lyon d’Empire —  celle-ci faisant malgré tout l’objet de critiques qui l’accusent de caricature.

Si l’on regarde du côté de la télé-réalité, le constat est d’autant plus saisissant : quand une multitude de programmes se penchent uniquement sur des personnages tout ce qu’il y a de plus blanc, ceux centrés sur des afro-américaines se comptent sur les doigts de la main.

Parmi eux, on peut citer The Real Housewives of Atlanta (RHOA pour les intimes), dont le casting régulier ne contient aucun caucasien. Unique en son genre, c’est aussi la seule black reality TV à fédérer un tel culte, bien au-delà des frontières des USA. Alors, quelle image renvoie-t-elle ? Attachez vos ceintures, on part pour le Sud des États-Unis…

La télé-réalité « parfaite »

Dans la foulée du succès de la série Desperate Housewives, la chaîne BravoTV lance une nouvelle franchise de télé-réalité : The Real Housewives. Le concept est simple : dans plusieurs villes différentes — New-York, Washington, Los Angeles… — les caméras suivent un groupe de femmes, plus ou moins amies, toujours un brin archétypales, mais surtout très riches.

Mettez du botox, de l’argent, de l’égo, du shopping et de l’hypocrisie dans votre shaker… Vous obtiendrez forcément un cocktail explosif. Dans le cas des RHOA, notre soif de drama est largement étanchée, d’un mari faisant un séjour au placard jusqu’à de fausses accusations de viol. Bref, tout pour satisfaire le plaisir voyeur qui va de paire avec ce genre d’émission…

Une plateforme d’expression comme une autre

Atlanta est une véritable Mecque pour les afro-américains fortunés, ce que l’émission ne manque pas de capter. Au-delà de leur goût prononcé pour le poulet frit et le soda au raisin, les RHOA montre un autre visage de l’Amérique noire : celle qui réussit au regard de la société. Business women, artistes ou avocates, ce sont des femmes accomplies professionnellement, malgré le stigmate posé sur leur communauté.

En outre, entre un voyage en Jamaïque et une dispute digne du match Mayweather vs. McGregor, les héroïnes profitent de leur notoriété pour attirer l’attention sur des thèmes sensibles — les discriminations, le racisme dans la police et les violences domestiques, notamment.  

Ainsi, là où l’essence même de RHOA est bien celle d’un divertissement avant d’être militante, elle constitue un rappel de la pluralité des minorités en pleine face de l’establishment. Quant aux intrigues dignes d’un soap opéra, c’est la cerise sur le gâteau de ce plaisir coupable… •

Cet article fait partie de la série #7 — Black power !

(Crédits : The Real Housewives of Atlanta — Bravo TV)