Lorsque le top model en herbe Anok Yai ouvre le dernier défilé Prada, la fashion sphere s’emballe — les ventes de la maison italienne également. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, c’est à une femme de couleur que l’on offre cet honneur… et la deuxième fois seulement dans toute l’histoire de la marque.

L’univers des strass et paillettes est souvent pointé du doigt pour son manque de diversité, particulièrement à l’encontre de la communauté noire. Si les choses semblent évoluer positivement — on peut notamment citer la nomination d’Edward Enninful à la tête de VOGUE UK, ainsi que le nombre croissant de mannequins black sur les podiums —, il reste incontestablement du chemin à parcourir.

Bien décidé à accélérer le changement, c’est dans ce contexte que Neu Neu fait son entrée dans les kiosques. Un magazine de mode différent des autres, concentré sur « les créatifs noirs autour du globe »

Un magazine « for us, by us » ?

Le bi-annuel ne se définit pas tant comme créé pour les afro-américains, mais surtout par des afro-américains. Ainsi, il s’agit plutôt d’accorder de l’exposition à des artistes qui en sont malheureusement privés en raison de leur carnation. N’espérez surtout pas y trouver de comparatif pour produits capillaires au beurre de karité.

Au fil de dossiers, shootings, portraits et interviews, Neu Neu scrute la mode et parle musique avec un accent underground. Tel un pied de nez à l’ordre établi, il consacre son premier numéro à la jeunesse, qu’il décrypte dans un kilo de papier glacé.

(Crédits : Neu Neu Magazine — Issue #1)

En marche vers la diversité

Ne pas simplement viser un public noir est capital dans la mission du magazineAutrement, à quoi bon prêcher dans sa propre paroisse ? En outre, il permet aussi de remettre cette communauté au coeur d’une culture populaire qu’elle influence grandement, sans forcément en prendre le crédit.

Alors que les polémiques sur l’appropriation culturelle fleurissent un peu plus chaque jour, Neu Neu prouve que le combat pour une juste représentation est le fait de toute l’industrie. Des créateurs, des photographes, des directeurs de casting, des investisseurs… mais aussi des médias. •

Cet article fait partie de la série #7 — Black power !

(Crédits photo de couverture : Neu Neu Media)