Le 1er juin, Donald Trump déclare officiellement l’ouverture de l’African-American Music Appreciation Month — oui, il y a des mois pour tout un tas de choses aux US. Il perpétue ainsi une tradition initiée par l’administration Carter en 1979, qui rend hommage à la contribution de la communauté noire à la musique.

Aujourd’hui, l’idée d’une telle célébration peut sembler surprenante : les fillettes se rêvent en Beyoncé et le hip-hop est le genre le plus populaire. Cela étant, c’est l’occasion de se rappeler qu’avant que de gentils petits blancs ne s’en emparent, les fondements de plusieurs styles, du Rock’n’Roll au R’n’B, sont nés dans les « bas-quartiers ».

Il est également important de souligner l’importance de l’apport culturel d’une minorité opprimée. Comme dirait le ghostwriter de Trump :

La musique afro-américaine a démontré son pouvoir de procurer réconfort, guérison, bonheur, conviction et inspiration — ainsi que sa capacité à unir des gens de tous les milieux.

En l’honneur de ces magiciens modernes, on se laisse aller sur ces cinq chansons…

James Brown — Say It Loud, I’m Black And I’m Proud

Sur un entêtant air de funk, James Brown chante sa fierté d’être noir, dans une Amérique encore gangrenée par la ségrégation. Say It Loud marque alors le début du black empowerment (véhiculant des messages positifs et responsabilisants, ndlr) dans la musique, devenant un hymne pour la génération Martin Luther King.

Algiers — Walk Like A Panther

Non pas originaire du Maghreb mais d’Atlanta, Algiers est un groupe encore discret. Donnant dans l’expérimental, il mêle blues, punk et soul pour créer des morceaux souvent politisés, toujours avec un ADN unique.

Le petit plus ? Les codes de son univers, particulièrement graphiques.

Kendrick Lamar ft. SZA — All The Stars

En avril dernier, Kendrick Lamar remporte le prestigieux prix Pullitzer pour son opus DAMN — une grande première pour un artiste de hip-hop, reconnaissant sa maîtrise magistrale des mots.

Quelques mois plus tôt, il signe la B.O. du déjà culte Black Panther. Extrait de cet album, vive le clip d’All The Stars, qui fait la part belle à la sapologie.

Solange — Don’t Touch My Hair

« Les cheveux sont incroyablement spirituels. En termes d’énergie, ils englobent et expriment vraiment qui nous sommes. », nous dit l’artiste. Avec Don’t Touch My Hair, Solange chante une ode à la beauté noire et à l’acceptation de soi, tout en soulignant la normalisation du racisme. #BlackGirlMagic

Jimi Hendrix — Hey Joe

Dans les années 60, Hey Joe est une chanson populaire dont personne ne connaît l’auteur. Racontant l’histoire d’un homme en cavale après avoir tiré sur sa femme, elle prend vie grâce à Jimi Hendrix, les dents faisant vibrer sa guitare.

Incontournable du registre rock, elle inspirera une multitude d’artistes, de notre Johnny national en passant par cette bonne vieille Cher… •

Cet article fait partie de la série #7 — Black power !

(Crédits photo de couverture : Daria Kobayashi Ritch)