Son nom est connu dans toute l’Afrique. On chante ses louanges de l’Algérie au Mozambique. Le teint ébène, les traits fins, le regard hypnotique. Quelque chose d’envoûtant, le charme d’une vestale cosmique.

Les plus grands marabouts lui ont enseigné le vaudou. Elle commande aux esprits, sait tenir les démons en joug. Le vent lui obéit, le peuple craint son courroux. Elle a le pouvoir d’accomplir nos désirs les plus fous. Des grâces accordées contre de l’or et des bijoux.

Déterminé, je traverse le désert et la savane. Perdu, je demande mon chemin à une paysanne. Une gamine albinos, silhouette longiligne et peau diaphane. De son doigt, elle m’indique au loin une cabane. Le sentier est bordé de fleurs et de crânes. Une terre aride où aucun bulbe ne se fane.

J’entre, la trouve assise sur un riche tapis bleu. Je sors deux diamants de ma poche, aussi grands que mes yeux. Je pose mon front à terre, puis lui souffle enfin mon voeu. « Tu rends les épouses fidèles et leurs maris chanceux. Tu murmures à la pluie, peux dompter le feu. On dit que tu es bénie des dieux, que le sirocco porte ta voix aux cieux. Peux-tu me dire comment devenir heureux ?

Cet article fait partie de la série #7 — Black power !

Histoire imaginée autour d’une photo du photographe malien Seydou Keita (1921-2001).