« Je vous en conjure, Majesté, congédiez vos autres esclaves. Je suis le plus fort de tous, le plus docile et le plus brave. La puissance de Ragnar, l’endurance d’une armée de slaves attendant la blessure de votre glaive. Je me soumets à vous sans trêve, ai soif de votre sève, je veux vous aimer sans entrave. Pour votre fouet, je tuerais Dieu et mettrais le feu au conclave. Demandez-le moi, je jetterais ma carcasse dans la lave. À vos pieds, je ne suis qu’une pauvre larve souhaitant sciemment que la situation s’aggrave.

Depuis notre rencontre, jamais le soleil ne se couche. Mon être tout entier vous sert, mon corps, ma bouche… La vie ne prend de sens que lorsque vos mains me touchent. Vous êtes toute chose, ma douce. Mon origine, ma source. Avant que votre grâce ne m’effleure, je jouais en touche. Un insecte sans repère tentant de faire mouche. Votre frimousse féroce a dompté l’ours, tombé pour la prêtresse de fer aux airs de sainte-nitouche. Une femme plus fatale que cent fusils et mille cartouches. Pourquoi croyez-vous donc que mes camarades s’escarmouchent ?

Je ne peux me passer de vous, de votre divine peine. Vous êtes le sang ardent qui anime mes veines. Sans votre rage, mon existence est vaine. Je vous implore de ne jamais me quitter, ne brisez pas mes chaînes… Me pardonnerez-vous cet ordre, cette pensée vilaine ? Je rampe vers vous, Altesse, voyez-vous comme je me traîne ? Je ferais tout pour que votre vicieuse malice m’entraîne. Je suis vôtre quoi qu’il advienne, un marin perdu à la mer dont votre colère est la sirène. Votre donjon est le bûcher où je veux que l’on m’emmène, le désir brûlant mon abdomen. Vous êtes mon gourou, ma chair est folle de vous et vous cède ses rênes. Je renonce à toute once de contrôle face à vous, ma Reine… » •

Cet article fait partie de la série #8 — Fais-moi mal…