Qu’il raconte des drames en direct du front comme dans Il faut sauver le soldat Ryan, ou opte pour l’angle « comédie dramatique » à la Last Flag Flying, le cinéma fourmille d’oeuvres sur les champs de bataille.

Côté musique, en revanche, le choix est nettement moins large. S’il y a bien des morceaux ouvertement engagés, rares sont ceux qui traitent de belligérance sans directement la relier à un conflit en particulier. Pour autant, la guerre peut-elle réussir à inspirer un hymne à l’amour ? Un tube joué en boucle dans les clubs ? Porter une histoire ? Ces artistes nous répondent…

Metallica — One

Johnny Got His Gun est un livre qui suit les aventures de son personnage éponyme, soldat pendant la Première Guerre mondiale. Gravement blessé par un obus, il finit amputé des quatre membres, sourd, muet… mais reste pleinement conscient. Seul avec ses souvenirs.

Pour One, Metallica se glisse dans la peau de Johnny,. Le clip rend directement hommage au roman, en utilisant des scènes de son adaptation cinématographique.

The Clash — London Calling

« This is London calling… » est la phrase adoptée par la BBC pour se présenter sur les ondes pendant la Seconde Guerre. Dans une « nouveau monde » en pleine mutation, qui leur échappe complètement, les Britanniques de The Clash détournent le fameux slogan pour exprimer ses incertitudes.

Un morceau plutôt brutal, entre révolte et nihilisme, dans la pure veine punk…

Prince — 1999

Après le sadomasochisme d’Automatic, Prince s’intéresse à la guerre froide dans 1999. Tandis que la menace d’une attaque nucléaire plane encore, le King de la funk déclare préférer danser plutôt que d’attendre le massacre. À en croire les ventes de l’album, il n’est pas le seul.

Le titre révèle une profondeur symbolique, qui tranche avec la légèreté du rythme — et les jeux de lumière so 80’s de la vidéo…

Alphaville — Forever Young

Quel est le point commun entre Jay-Z et un groupe de new-wave allemand des années 80 ? Avant que le rappeur n’en fasse un carton planétaire, Forever Young est une chanson d’Alphaville — les mecs les plus thug de toute la Rhénanie. Alors que le pays est fracturé en deux blocs, un peu à la manière de Prince, ils choisissent de danser et vivre leur jeunesse.

« Are you gonna drop the bomb, or not ? » 

ANOHNI — Drone Bomb Me

La sortie du clip de Drone Bomb Me affole le monde de la mode. Les costumes sont dessinés par Riccardo Tisci pour Givenchy, qui sert aussi de directeur artistique, imaginant Naomi Campbell en muse éplorée.

Derrière son micro, ANOHNI se métamorphose en une gamine afghane de 9 ans dont la famille entière a été tuée par un drone. Désespérée, elle contemple le ciel, chantant l’espoir de voir un autre autre appareil venir la tuer à son tour. •

Cet article fait partie de la série #9 — Make love, not war ?

(Crédits photo de couverture : ANOHNI)