Il y a quelques semaines, mes amis Gaëtan et Guillaume se donnent pour mission de m’embarquer avec eux en soirée. Au programme : de la techno de 00h à 12h, à une adresse gardée secrète jusqu’à la dernière minute, avec plus de personnes qu’à un match de foot. Une rave dans les règles de l’art, somme toute…

Derrière une petite porte ayant pignon sur rue, nous découvrons une cour donnant sur un immense garage sous-terrain. Des fêtards s’asseyent à même le sol ou sur de vieux sièges de voiture, verre et joint à la main, tandis que d’autres patientent paisiblement dans l’interminable file d’attente pour les WC.

Des lumières rouges, brillant comme le feu ardent d’un divin enfer, jaillissent de la pente conduisant au coeur des festivités. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous la dévalons à grandes enjambées. À peine une heure plus tard, mon corps danse déjà au rythme de la MDMA, attirant au passage celui qui deviendra mon mec pour la soirée.

Rassemblement, musique, drogue et amour libre… Les ravers seraient-il des hippies modernes ?

De Peace & Love à PLUR

Né à l’ère d’Internet, PLUR est un acronyme désignant la philosophie de la culture rave. Quatre lettres pour Peace, Love, Union and Respect… finalement proches du Janis Joplin way of life. À l’image de la communauté des 60’s, les « teufeurs » prônent l’ouverture : toutes les origines, les genres, les sexualités coexistent en harmonie.

Leur indéniable goût commun pour la drogue est un des arguments principaux chez leurs détracteurs, qui tendent à les réduire au statut de drogués sans avenir, voire de délinquants. Cela dit, c’est aussi la place accordée à la musique dans chacun de ces mouvements qui les rapproche autant. Danse et défonce vont forcément de paire, se nourrissent mutuellement pour que l’expérience aboutisse.

Finalement, le festival de Woodstock est un peu le père de toutes les raves

(Crédits : Magnetic Magazine)

Extase et ecstasy

Si les deux groupes n’ont rien contre les substances, ils les approchent néanmoins avec des intentions différentes. Le LSD et autres psychotropes du Flower Power sont propices à l’introspection, comme une quête vers la connaissance de soi et des autres, dopée aux préceptes mystiques fraîchement venus d’Inde. Par ailleurs, sur fond de guerre du Vietnam, les hippies se politisent et manifestent. Certes inoffensif, leur mode de vie n’en reste pas moins une sorte de contestation idéologique.

Bien que tolérant, le raver est moins engagé. Même si l’ecsta remplit d’amour et de désir pour autrui, elle pousse surtout à se déchaîner sur la piste pendant des heures… avant de retourner au bureau le lundi suivant. Plutôt que l’extase, il recherche une catharsis. Son objectif premier ? Faire la fête, tout simplement. •

Cet article fait partie de la série #9 — Make love, not war ?

(Crédits photo de couverture : JUICE Online)