Lorsque Donald Trump est élu Président des États-Unis, le monde de la mode s’insurge contre la nouvelle Première Dame. Alors que Diane von Furstenberg et Marc Jacobs se remettent à peine de la défaite d’Hillary Clinton — qu’ils soutiennent ouvertement à coups de tee-shirts floqués — Tom Ford appelle ses confrères à boycotter cette chère Melania.

Parmi ses (quelques) designers de prédilection, on peut citer Ralph Lauren et Dolce & Gabbana. En mai 2017, quand elle rejoint les épouses des autres chefs d’états présents au G7, elle opte d’ailleurs pour un manteau à plus de 50.000$ de la griffe italienne. Treize mois plus tard, en rendant visite à des enfants mexicains clandestins, elle se tourne vers une veste Zara pour ado… marquée de l’inscription I really don’t care, do you? (« je n’en ai vraiment rien à faire, et vous ? », ndlr).

Pourquoi ?

En marche vers le faux-pas

En pleine crise migratoire avec le Mexique, le Bureau Oval met en place une politique « zéro tolérance ». En d’autres termes, chaque clandestin attrapé est enfermé, jugé puis déporté. Rien de bien nouveau, finalement, jusqu’à ce que l’on décide de séparer les parents de leurs enfants. Des sortes de camps voient le jour, où des gamins passent littéralement leurs journées en cage. Entre mi-avril et fin mai, pas moins de 2.000 bambins connaissent ce sort.

La découverte de photos provoque un véritable tollé, aussi bien dans l’opinion publique que chez les politiciens — une fois n’est pas coutume, de chaque côté du Congrès. Face au scandale, on finit donc par envoyer Melania dans un camps d’enfants proche de la frontière. Utiliser la carte de la Première Dame est une décision habile dans ce genre de circonstance. Encore aurait-il fallu qu’elle s’habille autrement (la fameuse veste ne sera pas portée devant les enfants, mais sur les trajets aller et retour, ndlr.). 

L’ancienne model aurait-elle fait une bourde ? Devrait-elle virer ses conseillers en image ? Hélas, d’après son interview donnée à ELLE US en mai 2016 :

Je porte toujours ce dont j’ai envie, et ce qui est approprié à la situation.

Centre de détention de McAllen, Texas, auquel Melania Trump rend visite. (Crédits : Center for Border Protection)

Un message qui en dit long

Sans surprise, la tenue de madame Trump entraîne son lot de réactions. L’attachée de presse de la Maison-Blanche réagit, déclarant que « C’est juste une veste ». Quelques heures plus tard — toujours sans surprise — Donald y va de son tweet. À l’en croire, ce sont des médias et leurs fake news dont sa femme n’aurait rien à foutre. Pas des enfants, de grâce. Qui pourrait une chose pareille ? Pendant ce temps-là, la principale intéressée nous honore tout bonnement de son silence.

On ne peut croire à une maladresse. Il est impossible que ni la First Lady, ni son staff ne s’interrogent sur la teneur de l’inscription — d’autant plus quand on connaît l’importance qu’elle attache à son style, ainsi que la portée politique d’un vêtement à slogan. Dès lors, on ne peut qu’admettre qu’il s’agit bien d’un message.

On l’imagine difficilement adressé au président. En admettant qu’il soit destiné aux journaux, comme semble l’affirmer le chef de la superpuissance, il témoigne alors d’une piètre tentative de décrédibilisation des médias par une administration autoritaire. En revanche, s’il fait bien référence à la situation de gosses déportés, alors Melania Trump vient de signer la mort de l’American Dream avec une parka à 40 dollars… •

Cet article fait partie de la série #10 — Make America Cool Again.

(Crédits photo de couverture : E! Online)