Des Kennedy aux Kardashian, il n’y a finalement que quelques lettres. Deux familles fascinant l’Amérique — pour ne pas dire le monde —, scrutant le moindre de leurs faits et gestes. Chacune à leur façon, elles se sont établies comme de véritables clans, dont la simple appartenance permet à n’importe quel membre de jouir d’une influence inégalée… et d’un taux-horaire équivalent à 36 mois de SMIC. Une sorte de royauté sans couronne.

Cinquante ans plus tard, Joseph et Bobby laissent leur place à Kendall et Kylie. Sans atteindre la trempe du plus beau des présidents — malgré son récent passage à la Maison-Blanche — il est difficile de n’établir aucune comparaison entre les indétrônables Kim et Marilyn Monroe. Pourrait-on même aller jusqu’à dire que la plus célèbre des Kardashian est la version millennial de la diva blond platine ? Et si, pour une fois, Kanye avait raison…?

Un nouveau canon de beauté

90-60-90. Il ne s’agit pas de la combinaison d’un coffre-fort, mais des mensurations « parfaites » pour devenir mannequin. Loin d’avoir été fixé arbitrairement, cet idéal est directement hérité des proportions du corps de Marilyn Monroe, servant encore de références pour les top models aujourd’hui.

L’empreinte de l’actrice ne s’arrête pas là. De son vivant, le moindre look est copié. Les femmes brûlent leur cuir chevelu à coups de peroxyde, puis peignent leurs lèvres en rouge vif. Elles portent Chanel n°5 pour partager l’odeur de leur idole, goûter à son rêve.

À l’ère de l’iPhone, la taille de guêpe se transforme en « silhouette sablier ». Les selfies nus parviennent à remodeler les canons de beauté, on veut « des seins et des fesses ». Celles qui ne juraient que par des robes se mettent au sweat-legging-cuissardes. Le blond est remplacé par des longueurs raides et noires, le règne de la peau diaphane s’achève au profit du doré oriental. Laissez tomber la bouche carmin, vive le contouring. Si vous doutez encore de l’effet Kardashian, prenez simplement le métro…

(Crédits : Steven Klein pour Interview Magazine)

Le parfum de scandale

À ce stade, peut-être pensez-vous que la comparaison s’arrête ici. Qu’il y a une différence notoire entre tourner à Hollywood, et tourner une sex tape

Pourtant, Monroe est reconnue pour ses courbes bien avant de ne l’être pour son jeu. Loin de la Cité des Anges, elle pose en pin-up et se fait surnommer la Mmmm girl. Les photographes érotiques lui ouvrent leurs bras lorsque les réalisateurs ne le font pas encore. Quant à sa filmographie, de Certains l’aiment chaud à Les Hommes préfèrent les blondes, elle demeure basée sur sa plastique. À son propos, Hitchcock dit même qu’elle a « le sexe inscrit sur la figure »

La blonde comme la brune doivent donc leur célébrité à l’expression de leur sexualité, qu’elles exploitent jusqu’à gagner le statut de sex symbol d’abord, celui d’icône ensuite. Elles inspirent un culte, se font simplement appeler par leur prénom. Chacune façonne l’esthétique de son temps, une muse pour les artistes comme les masses, qui influence et inspire.

Après son décès, il y a donc de fortes chances pour que l’on voie des ventes aux enchères dédiées à Kim K. chez Christie’s… de même que des tableaux à son effigie apparaître chez GIFI. •

Cet article fait partie de la série #10 — Make America Cool Again.

(Crédits photo de couverture : Ellen von Unwerth pour VOGUE Brasil)