Après avoir signé un juteux contrat de 300.000.000 $ pour 5 ans, Ryan Murphy quitte le groupe FOX afin d’intégrer les rangs de Netflix. Papa de Nip/Tuck, Glee et American Horror Story, il est connu pour ses programmes mêlant les styles, faisant la part belle aux communautés marginalisées.

Pour son dernier bébé avant de rejoindre le géant du streaming, il signe une série qui semble réunir tous les éléments de son oeuvre. Dans POSE, c’est le monde des ballrooms et du voguing qu’il choisit, remontant à l’époque précédant tout juste sa popularisation auprès du grand public. Décryptage…

Une histoire inédite

1987. À New-York, les gays et transgenres afro-américains et latinos vivent souvent de la prostitution, de la vente de drogues ou de petits vols. Beaucoup sont à la rue, rejetés par leur foyer et la société. Le SIDA fait des ravages, l’homophobie aussi.

Pour tromper la tristesse du quotidien, ils se réunissent régulièrement dans des balls. Ces rassemblements deviennent l’occasion d’exprimer sa singularité, où l’on se rêve en star à travers des concours de drag, des joutes verbales… et les célèbres combats de voguing, danse inspirée des poses prises dans les pages du magazine éponyme. Les participants sont organisés en « maisons », sortes d’équipes devenant des familles pour ceux qui n’en ont plus.

POSE suit les aventures de l’une d’entre elles, composée de personnages allant du jeune queer plein d’espoir, à la trans séropositive. Entre émois amoureux, dépistages et extravagance, Ryan Murphy livre une création à la fois drôle, touchante et engagée, sans être stéréotypée. Quelques séquences demeurent sans doute un brin trop mielleuses, mais l’ensemble parvient à dégager une authenticité rare à la télévision.

(Crédits : POSE — Ryan Murphy / FX)

La célébration d’une culture

Le programme aurait facilement pu tomber dans l’appropriation culturelle, ce qu’il évite brillamment en intégrant des membres de la scène actuelle des ballrooms à l’équipe de production.

Elle constitue aussi une avancée considérable pour la représentation des LBGT+, particulièrement ceux issus des communautés afro et latino-américaines. Pour la première fois, une grande chaîne TV accepte de développer une série centrée sur ces minorités, d’en faire des personnages complexes et de raconter leur histoire. Des transgenres jouent leur propre rôle, plutôt que de faire appel à des hommes grimés en femmes, ou des actrices cisgenres (dont le genre « ressenti » correspond au genre de naissance, ndlr), comme c’est bien trop souvent l’usage à Hollywood.

Alors que le voguing est plus populaire que jamais — Macron invite même Kiddy Smile à l’Élysée — POSE rend à César ce qui lui appartient. Strike a pose, baby. It’s time to shine…

Cet article fait partie de la série #11 — Confusion des genres.

(Gif via Giphy — POSE Channel)