Pendant que vous parfaisiez votre bronzage sur le sable chaud, des pièces prévues pour le froid faisaient déjà leur entrée dans le stock de vos boutiques préférées, prêts à être mises en rayon dès la rentrée.

Cette saison, les frontières entre les genres se brouillent plus encore. Les mêmes idées sont exprimées d’un podium à l’autre, qu’il s’agisse de défilés masculins ou féminins. La mode gender fluid n’a pas fini de gagner du terrain ; de quoi considérablement augmenter les possibilités.

Que l’on se rassure, la tendance globale reste au comfort-wear, au cocooning, et à tout un tas d’autres mots commençant par « c » qui érigent la flemmardise et l’auto-indulgence au rang de principe vestimentaire. Le sportswear poursuit ainsi son règne, tandis que la logomania continue de couler des jours heureux à l’ère hégémonique du street style — vous pouvez donc continuer de porter le tee-shirt à 400 € pour lequel vous vous êtes affamé.

Regardons ça de plus près…

Froid polaire et layering

(Balenciaga ; Y/Project)

En automne d’abord, puis l’hiver surtout, notre style répond à un besoin essentiel : nous protéger des chutes de mercure. À cet effet, quoi de plus logique que d’empiler les couches ? Option grandement pratique, on cède donc au layering, en prenant soin de laisser (entre)voir les différentes strates de sa tenue. Dans un autre registre, les manteaux XXL et la doudoune s’imposent également, du casual aux looks habillés.

La conquête de l’Ouest

(Alberta Ferretti ; Dsquared)

On part à la découverte de l’Amérique, à base d’influences sorties de Brokeback Mountain et Docteur Quinn qui encanaillent des pièces légèrement trop sages autrement. Empiècements du Far West, grande cape lainée, motifs d’inspirations amérindiennes, grosses bottes en cuir et ceinture assortie : c’est le moment de la jouer redneck chic.

Top 50 et années 80

(Gucci ; Prada)

« La mode est un éternel recommencement », nous dit l’adage. Les années 80 semblent déterminées à se faire une place dans notre dressing, conséquence de l’actuelle mouvance sportswear dont cette époque marque les débuts. Plutôt qu’un total look, on préfèrera des allusions plus subtiles. Un volant sur une manche, un pantalon ample, des motifs rétro façon fond de friperie ou encore des pièces vintage… Le choix ne manque pas.

Swinging London

(Miu Miu ; Dior Homme)

Prochain arrêt de notre machine à remonter le temps : le Londres des années 60. La silhouette se veut ultra féminine, de préférence avec des longueurs courtes pour plus de modernité. On ressort le blazer de Jackie Kennedy, la robe trapèze de Twiggy et le maquillage de Brigitte Bardot. Côté homme, on adhère à l’imagerie mods avec un costume cintré, qu’on le veuille droit, croisé, à rayures ou uni. Des chaussures à grosses semelles dynamiseront l’ensemble, là où les accessoires donneront au look son accent final.

Daltonien sous LSD

(Balmain ; Raf Simons)

Contre la grisaille, le fluo s’avère être une alternative originale. Loin de vouloir se prendre pour un Stabilo, on le laisse se glisser par touches, ou dans sa version légèrement délavée. Je ne pensais pas dire cela un jour mais, en l’occurence, less is more...

Check-moi ça !

(Versace ; Alexander McQueen)

Tartans, Prince de Galles, glen checks et autres carreaux s’invitent sur absolument toutes les pièces de notre vestiaire. Multicolores, oversizes ou plus classiques, ils induisent toujours une certaine sophistication, sans totalement se départir de leur image un brin british. Les plus modérés pourront les essayer sur une écharpe XXL, tandis que les audacieux les adopteront sur plusieurs éléments d’une même tenue. Alors, plutôt lord anglais ou punk révolutionnaire ?

Man vs. Wild

(Givenchy ; Fendi)

L’Homme a froid, ses besoins primaires reprennent leurs droits. Fourrures, peaux lainées et longs manteaux de cuir se jettent  sur nos épaules pour dessiner une allure puissante, immédiatement empreinte de caractère. PETA qui ? •

Cet article fait partie de la série #18 — The September Issue.

(Crédits photo de couverture : Tommy Hilfiger)