L’heure du coming out a sonné (pas celui auquel vous pensez, ce n’est plus un secret pour personne). Au diable les rires de mes pairs, les doigts pointés à l’entrée des défilés, ceux qui me prendront pour un altermondialiste soutenant Nicolas Hulot. À quoi bon taire mon combat ? Mes amis, je suis désormais un fervent défenseur de la protection des océans — en théorie seulement, n’allez pas vous attendre à ce que je m’encarte chez je ne sais quel groupe de bénévoles sans sens du style.

À quoi doit-on ce récent engagement, me direz-vous ? Bien sûr, je connaissais déjà la pêche à la baleine, la destruction de la Grande Barrière et la fonte des glaces mais, ne sachant pas nager, il n’y avait pas vraiment matière à ce que je me sente concerné. Je savais aussi que des îles de déchets se formaient en pleine mer, qu’on parlerait même d’un continent d’ordures, m’enfin, c’est au milieu de nulle part. En revanche, j’ignorais l’étendue des ravages du plastique sur la faune océanique. Savez-vous que ses particules entraînent une forme de stress chez les huîtres… qui altère la beauté des perles produites ? Non, je ne suis pas prêt à porter des bijoux difformes. Lutter pour le recyclage, c’est (aussi) sauver la joaillerie.

Blague à part, alors que la vague conscious inonde notre société, comment trouve-t-elle sa place dans la mode ? Qui sont les créateurs conciliant style et éthique ? S’habiller de manière responsable est-il forcément une affaire de budget ?

Je dédie ce numéro à tous mes futurs joyaux… •

Sommaire de la semaine

(Crédits couverture : The Reformation)