De façon plus ou moins marquée, les punks ont laissé tout un héritage à notre dressing. Il est dans ce tee-shirt à message, qu’il s’agisse d’un modèle 50 % polyester chopé pour dix balles sur ASOS, ou le désormais célèbre We Should All Be Feminists de Dior à un demi-millier d’euros. Dans ce perfecto clouté qui vous accompagne depuis l’adolescence, ce bracelet dont la breloque imite un trombone, ou le pantalon en tartan rouge que vous dégainez fièrement chaque fois que vous prenez l’Eurostar…

La longévité mode du punk s’explique par son essence, prônant notamment la liberté de chacun, avec le goût de la provocation. Une philosophie qui, dans sa version la plus authentique, se traduit par une vision assez brutale, parfois même violente, aux influences allant du bondage au graffiti. Pour ainsi dire, tout ce dont on a besoin pour doper nos #OOTD et régner sur le Insta-game.

Sans plus attendre, on ouvre donc notre penderie à ces 10 pièces, qui nous apporteront un peu de l’esprit londonien des 70’s.

La résille est un des éléments clefs de l’attirail du punk. Plutôt que sur des collants au rabais, on préfère l’option blouse chez Philosophy Di Lorenzo Serafini, dont le col cheminée et le mouchetage argenté apportent une once de sophistication qui contraste avec les origines du vêtement. (138 € en soldes)
Autre élément emblématique : l’épingle de sûreté. Dans cette tradition, Balenciaga les décline en boucles d’oreilles au format XXL. Notre petit conseil : n’en portez qu’une seule sur les deux — assortir, c’est un truc de bourgeois. (367 € — Version « je suis fauché(e) » disponible ici.)
Porter un vêtement usé avait une véritable valeur, signifiait un désintérêt de la consommation. Il ne reste pas grand chose de cette idée aujourd’hui, si ce n’est le potentiel débraillé qu’elle amène à un look trop policé. « Ce n’est pas normal de payer plus cher pour moins de tissu », disait mon père. Pas pour ce pull en mohair McQueen. (890 €)
On passe à présent au tartan. Ce qui était à l’origine l’emblème de la société clanique d’Écosse est devenu l’un des symboles les plus reconnaissables des punks. Ajoutez-y des lanières noires comme sur ce modèle Dsquared, et vous capturerez toute l’irrévérence que la culture populaire lui associe. (1.140 € — Version « je suis fauché(e) » disponible ici.)
Inutile de vous sentir coupables, prenez ce tee-shirt imaginé par House of Holland. Le bonus ? Son slogan qui nous permet de le porter au bureau, sans devoir aller pointer au Pôle Emploi le lendemain. (67 € en soldes)
Hooligans de l’avenue Georges V, on agite nos bombes de peinture dans cette veste en jean Balenciaga. Naturellement assortie à des looks casual, elle sera parfaite à la place d’un blazer pour décaler une tenue formelle. (1.590 € — Pour la version « je suis fauché(e) » disponible ici, comptez également un gros joint et deux ou trois feutres Posca.)
La chaîne cadenassée est le bijou-signature de Sid Vicious, en l’occurence purement et simplement imité par Dsquared. Vous me direz, pas besoin d’être fan du chanteur pour copier son swag… (175 € — Version « je suis fauché(e) » disponible ici.)
On reste dans l’hommage aux Sex Pistols avec cette boot, issue de la collection dédiée au groupe par Dr Martens. Le cuir et les lacets sont imprimés de paroles de leurs chansons, rappelant la jaquette de God Saves the Queen, tandis que la couleur blanche renforce sa dimension rétro. En outre, acheter des Doc, c’est se procurer une paire qui dure des années. Aucune raison de résister. (200 €)
Depuis que des femmes au foyer sexuellement insatisfaites ont plébiscité une trilogie de bouquins, on considère le sadomasochisme comme un penchant parmi tant d’autres. Bien avant cela, la boutique SEX de Vivienne Westwood est l’une des premières à se servir du bondage comme base pour la création de vêtements. On le retrouve ici sous forme d’accessoire, avec ce harnais-sacoche déniché chez le label AMBUSH. (1.407 € — Version « je suis fauché(e) » disponible ici.)
En parlant de domination, la collection Miss S&M de Gianni Versace est sans doute l’une des plus prisées du créateur, où des boucles et des lanières dessinent une silhouette d’une féminité redoutable. S’arrachant en vintage, on a justement mis la main sur ce tailleur, dont le prix fait plus mal que cents coups de martinet… (6.332 €)

Plus qu’un style, le punk nous invite finalement à laisser libre court à notre imagination, afin d’exprimer notre personnalité à travers nos vêtements. Et si l’attitude était l’ultime accessoire…? •

Cet article fait partie de la série #28 — Punk isn’t dead.

(Crédits couverture : Balenciaga)