La semaine dernière, comme chacune que Dieu fait, j’ai dépensé bien plus que je ne l’aurais dû en alcool, cet ami sur lequel on peut toujours compter. Tandis que je discutais avec quatre autres potes bien moins intéressants que lui, la conversation a dérivé sur le loto et sa super cagnotte — ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai plus la moindre idée. Dès lors, nous nous sommes demandés quelle serait la première chose que l’on s’offrirait si l’on venait à décrocher le jackpot, en prenant soin d’exclure les réponses trop pragmatiques, du genre « je rembourse mon prêt étudiant » ou « j'achète un appart au coeur de Paris ».

Votre humble serviteur se précipiterait vers une valeur refuge et intemporelle : une rivière de diamants. Après tout, ne dit-on pas que la pierre est le meilleur des investissements ? Conduit par une une Bentley noire qui changerait de la Citroën de mon dernier UberPool, je me rendrais place Vendôme. Cartier, Van Cleef, Boucheron, Chaumet… je viderais tout leur stock de champagne, avant de faire mon choix.

Plus trivial, un autre membre du groupe dépenserait sa fraîche fortune dans la prostitution de luxe, et l’achat massif de substances que la loi m’interdit de citer. Quant aux trois derniers, leur réponse est sans appel : s’ils en avaient les moyens, ils parcourraient le monde. Face à mon air un brin interloqué, l’un m’a répondu : « tu ne comprends pas, Zack. Voyager t’apporte une forme de bien-être ! Dès que je peux, même le temps d’un week-end seulement, je pars ailleurs pour m’évader ».

Je vous jure pourtant que je le comprends… mais tout n’est qu’affaire de priorité. Alors que d'éternels joyaux me suffisent, d’autres préfèrent le dépaysement éphémère. Ce qui tombe bien, puisque ces 10 sacs permettent d’y glisser le juste nécessaire pour une petite escapade de 48h…

On la joue minimaliste avec Weekday, la petite soeur de H&M dotée d’une conscience environnementale. Dans la pure veine scandinave, la marque opte pour des pièces sans fioritures, souvent dans des matières biologiques ou, comme ici, en sergé de coton recyclé. Sa forme maxi tote-bag et sa couleur bleu marine se prêtent à tous les styles, tandis que les surpiqûres ton-sur-ton lui apportent du relief et évitent d’en faire un cabas trop fade. Du reste, son but n’est pas de rendre votre tenue plus audacieuse. Il répond à une fonction précise : transporter votre bazar sans faire de vagues. (54,99 €)

Chaque fois que je fais mes bagages, c’est la même galère : je dois trouver des sacs en plastique dans lesquels mettre mes chaussures, pour qu’elles ne salissent pas mes vêtements. S’illustrant essentiellement dans des modèle en toile, Herschel pourrait bien avoir la solution... Originaire du Canada, la marque a pour ambition d’offrir des designs intemporels, dont la qualité de confection défie le prix final. Elle se distingue par son sens du détail, à l'instar de ce modèle au subtil motif camouflage, et son compartiment spécialement conçu pour y ranger nos pompes. (119 €)

Ne vous fiez pas à son nom, Cornelian Taurus est un label tout ce qu’il y a de plus japonais. Fondé par Daisuke Iwanaga à l’Automne/Hiver 2007, chaque pièce est coupée dans un luxueux cuir plein de reflets, tanné à la main au pays du Soleil Levant. Sur ce fourre-tout, on aime la anse tressée, rehaussant un sac à la forme parfaitement harmonieuse. Le petit plus ? Les détails en bronze, dont le métal est prélevé sur d’anciens bateaux. (1.226 €)

D’abord remarquée pour sa maîtrise d’un accessoire typique de l’art tailleur (la pochette de costume), Fefè s’attaque dorénavant à tout le vestiaire, insufflant son approche napolitaine dans des vêtements et de la maroquinerie. Fidèle à ses débuts, le label se distingue pour son usage des imprimés, dont il fait sa spécialité. Entre classicisme et fantaisie, il signe une pièce reposant sur une alliance élégante de couleurs et de matières, contrastée par un motif plus contemporain, uniquement visible à mesure que l’on s’en approche. (364 €)

En 2009, feu Karl Lagerfeld enrole Lily Allen afin qu’elle prête ses traits à la ligne de sacs matelassés (et réversibles) Coco Cocoon. Une décennie plus tard, ZARA en reprend l’allure, qu'elle couple ensuite à des inspirations « couette douillette » introduites par Margiela vingt ans plus tôt. Vous me direz, à 39,90 €, on ne lui demande pas d’avoir un design inédit…

On ne présente plus Vivienne Westwood, l’ultime papesse du punk depuis les années 70. Distillant l’esprit de ce mouvement, elle s’appuie sur son iconique tartan pour dessiner un 48h en cuir et nylon, aussi rebelle que raffiné — peut-être même notre préféré de cette sélection. Amis amateurs de logomania, réjouissez-vous : l’orbe XXL en métal surmontée d’une croix ne laissera pas de doute sur la griffe… (715 €)

Au départ réservée aux alpinistes, randonneurs et consorts, The North Face s’est offert un nouveau souffle en s’attirant les faveurs du streetwear, grâce à ses nombreuses collaborations avec Supreme. En outre, elle conviendra parfaitement aux adeptes d’un style à l’accent technique, en l’occurrence appuyé par une matière noire waterproof. Pour l’avoir testé personnellement — l’un de mes colocs en possède un exemplaire —, vous serez surpris de tout ce qu’il arrive à trimballer sous sa taille en apparence moyenne… (119 €)

 

En parlant de Supreme, le logo même de Sprayground en reprend l’identité visuelle. S’amusant à ouvertement copier de grandes marques, le label mixe les codes de maisons reconnues afin de créer des pièces quasi ironiques. Nommée « Sharkburry », celle-ci détourne le quadrillage de la célèbre maison londonienne, affublé d’un requin emprunté à l’univers de Givenchy. Loin de toute contrefaçon, le troll est pleinement assumé. De quoi rire de notre frénésie du luxe… (135 €)

À l'embarquement, rien ne dira plus « laissez-moi passer, je suis riche » qu’une mini-malle. Qu'importe si elle ne vaut que 135 €, et que vous ne vous pouvez y ranger qu'une trousse de toilette et deux maillots de bain.

Quand Hermès se la joue baseball. À près de 22.000 €, on peut toujours rêver...

Quoi qu'il en soit, entre cabas et collier, vous savez que mon choix est déjà fait… • 


Zackary
Fils illégitime de Hugh Hefner et Donatella Versace, je suis la moitié visible du duo derrière ZACKARIUM. Tombé amoureux de la mode à l’époque des culottes courtes, ma mission est de vous guider avec légèreté dans la jungle des marques et des podiums.