D’Anna Wintour à Karl Lagerfeld, portées hiver comme été et de jour comme de nuit, les lunettes de soleil font partie intégrante de la panoplie du féru de mode. Une pièce devenue presque caricaturale, que l’on retrouve vissée sur tous les nez à l’entrée des défilés — et une bonne moitié d’entre eux une fois à l’intérieur.

Contrairement à d’autres accessoires, elles sont immédiatement visibles, apportant ainsi une nouvelle dimension à nos tenues. Entre modèles futuristes, grands classiques et designs extravagants dans la veine camp, elles constituent l’occasion de prouver l’étendue de son bon goût, mentir sur celle de son compte en banque, et cacher les poches de la taille d’un Birkin qu’on trimballe sous ses yeux.

Du côté des marques, les solaires constituent une véritable aubaine pour gonfler leurs marges ; le genre de pièce accessible que l’on s’offre plus facilement qu’un manteau ou une robe, mais permet tout de même d’accéder à sa part de rêve (et de style). En marge du luxe, une nouvelle frange de petits labels apparaît également, mettant l’emphase sur un design tendance et un prix à la portée de tous, accompagnés d’une confection honorable. On se laisse donc tenter par ces 10 paires à moins de 150 €, histoire de se la jouer front row — même sans les moyens d’acheter le moindre tee-shirt présenté sur un podium…

Basée à Berlin, Carolina Lemke est persuadée que « la mode doit passer avant tout, et s’adresser à tous ». Elle ne dessine donc que des modèles unisexes, dont le prix dépasse rarement les 100 € malgré une fabrication à la main. En ce qui nous concerne, on lorgne sur les Maya et leur forme à l’accent 70’s, dans une palette légère de nuances violette. Existe également avec une monture noire. (67€)

Ace & Tate se positionne comme une marque direct-to-consumer, se passant d’intermédiaire afin de limiter ses prix et proposer une offre la plus juste possible. Misant sur la transparence, chaque paire de solaires vous coûtera le prix unique de 98 £ (env. 110 €) au lieu de 400. Si l’on s’écoutait, on en prendrait du coup quatre pour compenser, à commencer par les Grace et leur profil effilé.

À l’origine de Chimi, Charlie Lindström, un styliste suédois frustré de ne pas trouver suffisamment d’options. Il décide alors de créer une collection composée de huit formes de base, chacune déclinée dans dix combinaisons différentes, toutes fabriquées manuellement. On optera pour la #04 et sa nuance « kiwi », idéale en été. (99 €)

IZIPIZI se fait d’abord connaître pour ses lunettes de repos et ses modèles anti-lumière bleue, avant de se lancer sur le segment solaire. Sans faire de vague, le label opte pour des designs simples et intemporels, avec une construction « universelle » : grâce à une charnière à ressort, ils s’adaptent à toutes les morphologies faciales. Dans sa version full black, on se tourne vers L’Amiral, parfait en lendemain de cuite. (45 €)

Polette donne un coup de pied dans la fourmilière de la lunetterie, en affirmant qu’une paire fabriquée en Chine — le cas pour beaucoup — ne coûterait qu’entre 6 et 10 €. Dès lors, le reste ne serait que marges et image de marque. Elle adopte également une politique éthique, en s’impliquant dans le développement d’infrastructures au sein de villages Massaï. Quand on y pense, craquer pour les Wonka et leur air à la Kurt Cobain relèverait presque du geste caritatif, non ? (44,90 €)

Komono est un lunetier belge. Un brin chauvin, il collabore avec l’Académie Royale des Beaux Arts d’Antwerp, qui a notamment vu Martin Margiela passer par ses bancs. Le temps d’une collection, la marque donne la parole à de jeunes étudiant. Notre préférée ? La paire imaginée par Linus Leonardsson, avec sa monture imitant un feuillage abstrait. Le modèle tout trouvé pour dévergonder une tenue trop sage. (150 €)

Né en Australie à la fin des années 70, Le Specs s’établit comme une figure majeure de la lunetterie accessible, confirmant son statut sous l’impulsion d’Instagram et de clients comme Rihanna. Les propositions sont nombreuses, couvrant à peu près tous les registres possibles. On a un petit faible pour The Ginchiest, avec sa forme héritée des années 90 et ses branches épaisses. Le petit plus : son imprimé serpent, garantissant son originalité. (env. 70 €)

Du même label, on aime la collaboration avec Adam Selman, créateur sportswear dont nous vous parlions déjà ici. Du reste, on est bien incapable de dire non à un peu de bling, surtout lorsqu’il est amené avec équilibre… (env. 98 €)

Et surtout, n’oubliez pas la véritable fonction des lunettes de soleil : pouvoir snober qui l’on veut en prétendant ne pas l’avoir vu… • 


Zackary
Fils illégitime de Hugh Hefner et Donatella Versace, je suis la moitié visible du duo derrière ZACKARIUM. Tombé amoureux de la mode à l’époque des culottes courtes, ma mission est de vous guider avec légèreté dans la jungle des marques et des podiums.