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2010-2020 : 10 moments mode qui ont marqué la décennie

05 janvier 2020 | Posté par Zackary


Avant toute chose, je vous souhaite une excellente année, en espérant que celle-ci soit la plus belle que vous ayez connue à ce jour. Puisse-t-elle être remplie d’argent, d’alcool et d’orgasmes (dans l’ordre de votre choix). Du reste, ne vous fatiguez pas à prendre de bonnes résolutions. Continuez de fumer, ne faites pas de sport, et creusez votre découvert à grand renfort de MasterCard ; la Troisième Guerre mondiale éclatera plus vite que la calotte glaciaire.

Quelques jours avant la Saint-Sylvestre, certains ont jugé utile de nous offrir une compilation Instagram de leurs meilleurs moments de 2019. Si je n’ai que peu faire des photos de vacances de mes amis, ou des stories prouvant leur absence totale de pudeur après quelques verres — qui se ressemble, s’assemble ? —, l’heure est effectivement à la rétrospective.

Plus qu’une nouvelle année, nous entrons dans une nouvelle décennie, marquant le début d’un nouveau cycle de vie pour la mode. À cette occasion, on se penche sur dix événements clefs qui ont façonné ces dix dernières années, des podiums à notre penderie. Je vous aurais bien préparé une frise interactive, mais je ne suis pas graphiste. 

Février 2010 : Alexander McQueen n’habillera plus que les anges


Jeudi 11 février 2010, une onde sismique ébranle la mode : Alexander McQueen vient de se suicider. Animé par un goût prononcé pour la transgression, à mi-chemin entre poésie obscure et sexualité brute, il aura laissé son empreinte sur le style des années 90 et 2000. Courtisé par Givenchy, soutenu par Tom Ford, on lui doit notamment la popularisation du pantalon taille (ultra) basse, un vestiaire masculin à l'élégance gothique, et une bataille historique entre LVMH et Kering. 

Cinq mois avant sa mort, il change à jamais le concept de fashion week avec sa collection Plato Atlantis, premier défilé de l’histoire à être diffusé en livestream.

Octobre 2010 : follow / unfollow

(© Kylie Jenner via Instagram)

À l’automne 2010, une petite application fait son apparition sur l’Apple Store : Instagram.

Révélant le Narcisse sommeillant en chacun d’entre nous, transformant de parfaits inconnus en gourous, elle offre aux marques un nouveau terrain de communication, et change notre rapport à la consommation au passage. Dix ans plus tard, elle compte plus d’un milliard d’utilisateurs actifs chaque mois.

Avril 2013 : le Rana Plaza, symbole des excès de la fast fashion

(© Dhaka Savar via Flickr)

Au Bangladesh, un immeuble de 8 étages s’effondre. À l’intérieur, des ateliers de confection travaillant dans des conditions désastreuses, au profit de nombreuses marques grands publics : Mango, Gap, Benetton, Primark…

Avec un bilan de 1.138 morts et plus de 2.000 blessés (source Libération, ndlr), la catastrophe engendre une prise de conscience quant au véritable prix d’un tee-shirt à 5 € ou d’une robe à peine plus chère qu'un cocktail, renforçant ainsi le mouvement en faveur d’une mode éthique.

Février 2014 : l'hipster est mort, vive le normcore 

(© American Apparel)

Responsable des bouteilles de bières à 10 €, arborant fièrement une barbe pleines de germes et un vélo vintage assorti à ses chemises en flanelle, le hipster est la figure stylistique du début des années 2010.

Un seul article du New York Magazine suffit pourtant à lui donner le coup de grâce, clamant venue l’ère du « normcore ». Son principe ? Le basique porté au rang de manifeste, comme une version millennial du courant anti-fashion

Décembre 2014 : la mode a son gendarme

Lindsey Schuyler et Tony Liu, fondateurs de Diet Prada (© Woolmark)

Dans un monde où les marques se ressemblent parfois un peu trop, un compte Instagram veille au grain : Diet Prada. Au départ dédié à épingler les créateurs recopiant sur leurs camarades, il devient finalement une sorte de comité de surveillance, n’hésitant pas à dénoncer des scandales sexuels et le racisme dans l’industrie.

Octobre 2015 : le vêtement par VETEMENTS

VETEMENTS SS16 (© Yannis Vlamos pour Indigital Images)

L’histoire de VETEMENTS relève presque du cas d’école. Un collectif de créateurs inconnus au bataillon imagine un vestiaire à contrecourant des tendances du moment. Des pièces fortement influencées par le style de l’ex-URSS, dévoilées dans les lieux improbables, vendues à un prix si élevé que le designer en chef avoue lui-même qu'il ne les achèterait pas.

Aujourd’hui essouflé, le phénomène laisse pourtant un certain héritage. Avec lui, l’Occident s'imprègne du streetwear à la sauce soviet, et d'une ironie teintée de nihilisme. Quant au leader du groupe, Demna Gvasalia, il officie à présent chez Balenciaga.

Septembre 2016 : Don’t touch my hair

Marc Jacobs SS17 (© Kevin Tachman)

New-York. Marc Jacobs fait défiler des tenues flamboyantes, rehaussées de motifs floraux, de sequins et de patchworks. Côté coiffure, il opte pour des cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, coiffés en dreadlocks. Problème : la plupart des mannequins sont caucasiens. La communauté noire s’insurge, dénonçant l’utilisation purement mercantile de son héritage, sans même avoir été incluse.

Le designer finit par présenter des excuses. Le monde de la mode vient de découvrir le principe d’appropriation culturelle. 

Janvier 2017 : la reine des collaborations

Louis Vuitton SS17 (© Guillaume Roujas pour NOWFASHION)

En pleine fashion week homme, Louis Vuitton présente ce qui deviendra l’un de ses plus grands succès : une ligne de pièces co-créées avec le label de streetwear Supreme.

Si la maison n’est alors pas étrangère à l’exercice de la collaboration, ayant déjà invité plusieurs artistes, c’est la première fois qu’elle s’associe à une autre marque… et non des moindres. Le mariage entre le luxe et la rue est officiellement prononcé, brouillant définitivement la frontière entre les deux.

Janvier 2018 : la disgrâce des grands

(© Mario Testino)

Suite à l’affaire Weinstein, l’entre-soi de la mode reste discret. Peu de témoignages s'élèvent, jusqu’à ce que le New York Times publie un article incriminant les photographes stars Bruce Weber et Mario Testino.

S’en suit le mouvement « My Job Should Not Include Abuse », où des mannequins prennent la parole via Instagram pour raconter le harcèlement dont ils sont victimes. Le milieu connaît enfin son moment « Me Too ».

Février 2019 : auf wiedersehen, Kaiser Karl

(© Karl Lagerfeld)

Visionnaire plus grand que nature, unique, l’un des meilleurs créateurs de tous les temps... Les superlatifs ne manquent pas pour définir Karl Lagerfeld, qui s’éteint le 19 février dernier. Impossible de résumer en quelques lignes un travail long de soixante ans. Chanel, bien sûr, mais aussi Fendi, Chloé, et toute la face du prêt-à-porter.

Qui sait, cette nouvelle décennie révèlera peut-être le prochain grand génie… •


Zackary
Fils illégitime de Hugh Hefner et Donatella Versace, je suis la moitié visible du duo derrière ZACKARIUM. Accro à la mode et aux Lucky Strike, ma mission est de vous guider avec légèreté dans la jungle des marques et des podiums.

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