Contrairement à ce que me raconte la réalité alternative créée dans mon esprit, je ne possède pas de vêtements dessinés exclusivement pour moi. À mon grand dam, la haute-couture n’ouvre pas ses portes à ceux dont le découvert est un rituel plus sacré que Noël. Alors, en attendant de ne plus devoir enregistrer le numéro de mon banquier, je continue de me bercer d’illusions grâce à quelques pièces de designers achetées ci et là…

Depuis l’époque où je n’étais qu’un jeune stagiaire sans le sous — seul le titre professionnel a changé depuis —, j’ai adopté l’habitude de me les procurer en soldes. Qu’il s’agisse de paires de chaussures, de bijoux ou de vestes, je me force souvent à attendre de voir un pourcentage négatif à côté du prix. Après tout, si le luxe gonfle autant ses marges que le corps de ma cousine pendant sa grossesse, pourquoi ne pas plutôt en profiter lorsqu’il accepte de les réduire ?

Dans cet esprit, on ouvre nos placards à ces 13 pièces au style audacieux et à l’étiquette prestigieuse, que la magie des promotions nous permet enfin de nous offrir — si l’on vous demande, elles viennent tout juste de sortir…

Classique de l'été, J.W. Anderson réinterprète la robe-chemise en crêpe légère. On aime ses lignes épurées, appuyées par une patte de boutonnage cachée, et l’originalité des pans latéraux. À porter avec des sneakers au quotidien, des sandales en vacances, ou des souliers plus habillés pour un look de soirée sans trop en faire. (124 € au lieu de 620 €)

Légèrement transparent, ce modèle Isabel Marant se portera surtout en surchemise, ouverte sur un tee-shirt. Sa mousseline satinée dégage une forme de raffinement, tandis que les motifs à l’accent rétro et les nuances marron emmènent notre dressing vers un registre plus bohème. De quoi se rejouer Las Vegas Parano, version podium. (109 € au lieu de 365 €) 

Apparue sur la scène londonienne il y a une dizaine d’années maintenant, Mary Katrantzou se distingue pour son travail des imprimés et l’utilisation de couleurs vives. À peine plus sobre sur ce top en velours doré, on y retrouve le soin accordé aux proportions typique de la créatrice. Une approche élégante de la tendance autour des années 70, sans renoncer à leur flamboyance. (268 € au lieu de 1.065 €)

Un joli rouge réveillant nos looks, une inspiration preppy sortie de Harvard qui se prêtera autant à un jogging qu’un pantalon à pinces, un volume confortable mais maîtrisé… Bref, ce sweat a tout pour devenir votre meilleur AMI les jours de flemme. (66,50 € au lieu de 95 €)

Avec Nino, Jacquemus offre un souffle nouveau au patte d’éléphant. Ici modernisé par une longueur 7/8ème, laissant ainsi plus de possibilités en ce qui concerne les chaussures, on l’assortira avec des éléments sobres afin d’équilibrer l’ensemble. On pense notamment à un simple tee-shirt en lin, ou une intemporelle chemise blanche. (112 € au lieu de 560 €)

Fidèle au sens de la déconstruction qui a fait sa réputation, Maison Margiela troque la fermeture boutonnée de ce jean contre une bande élastique contrastante. Inspirée des bleus de travail, elle présente également une sangle permettant d’en ajuster le serrage. De son côté, la coupe droite complète l’esprit vintage du délavage parfaitement exécuté. (294 € au lieu de 490 €)

Si vous êtes plutôt slim que straight fit, mais que vous avez les yeux rivés sur la ceinture orange, comptez sur Heron Preston et sa couleur de prédilection. Avec ses modèles nous donnant l’impression de nous assoir dans un avion (ou d’attacher un meuble à l’arrière d’un camion de déménagement), il mise en plein dans la tendance utilitaire, qui tous les styles du streetwear au tailoring. Le petit plus ? Les détails réfléchissant, vous assurant de capturer tous les regards une fois la lumière braquée sur vous. (78 € au lieu de 150 €)

Il est difficile de classer Undercover, tant le label japonais possède un univers riche. Preuve de sa polyvalence, il collabore aussi bien avec l’emblème urbain incarné par Supreme, que la prestigieuse maison Valentino. Empreint d’une forme de rébellion qu’il répand dans chaque aspect de notre garde-robe, il possède aujourd’hui une communauté d’adeptes invétérés. Avec un soupçon d'excès, on craque pour son bomber sans manches et son imagerie religieuse, qui nous proclament « God of the Underworld ». (196 € au lieu de 655 €)

Fermé, ce trench est tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Une fois le col rabattu vers l’extérieur, il dévoile alors des revers argentés, soulignés par des bandes noires. Le studio rend ainsi subtilement hommage à Paco Rabanne et son obsession du futur, qui s’exprimait à grand renfort de tenues métallisées, voire métalliques. Un détail suffisant à transformer un basique en une pièce forte, à moduler au gré de ses envies. (330 € au lieu de 1650 €)

Autre designer, même ambiance interstellaire. Courrèges métamorphose la banane en un sac-ceinture, que l’on voudrait emporter avec soi si l’on venait à monter dans une fusée — à défaut, on se contentera de le trimballer en rave. On pourra également l'utiliser par-dessus un manteau droit ou une chemise oversize pour ajouter du cintrage. Aussi esthétique qu’utile, en somme. (195 € au lieu de 390 €)

En 2017, Clare Waight Keller devient la première femme à prendre les commandes de Givenchy. Elle inaugure le bal des souliers masculins avec une sneaker : la JAW, en référence au titre original des Dents de la Mer, auquel la forme de la semelle fait écho. D’abord imaginée en hybride flirtant avec le design d’une bottine zippée, on la retrouve désormais au format low avec lacets, plus proche de l’aspect d’une paire de running. Disponible dans plusieurs couleurs. (390 € au lieu de 650 €)

On vous en parlait déjà de notre obsession pour les bottines blanches dans notre article sur les tendances de l’hiver prochain. Faute de trouver un modèle taille 42 avec une allure grunge, on vous recommande cette paire du label Ellery, mélange idéal entre rétro et silhouette contemporaine. (180 € au lieu de 600 €)

Lunettes de soleil avec couvre-chef intégré, par les Allemands de Kuboraum, à 1.891 € au lieu de 4.727 €. Pour être tout à fait franc avec vous, on ne comprend pas vraiment non plus. Disons simplement que l’on a pensé qu’elles pourraient vous être utiles pour aller voir le reboot du Roi Lion, avec la certitude de ne pas croiser votre ex dans la salle. Du reste, on se demande encore comment il ne peut rester qu’un seul exemplaire disponible à l’heure où l’on écrit ces lignes… •


Zackary
Fils illégitime de Hugh Hefner et Donatella Versace, je suis la moitié visible du duo derrière ZACKARIUM. Tombé amoureux de la mode à l’époque des culottes courtes, ma mission est de vous guider avec légèreté dans la jungle des marques et des podiums.